gael faye

Les gens cool n°1 : Gaël Faye

Bonjour à tous !

J’inaugure aujourd’hui la catégorie « Instant méninges » avec l’article « Les gens cool« . Cette catégorie a pour objectif de partager avec vous des choses intéressantes que j’ai lues, vues, entendues, et qui je pense, méritent d’être connues. Aujourd’hui, on parle de Gaël Faye, qui vient de sortir son premier roman : Petit Pays. Depuis la sortie du livre, lauteur accumule les récompenses, et je ne cesse de croiser des personnes avec le livre sous le bras, dans le train ou les cafés.

 

Petit Pays d’Afrique des grands lacs

Si le livre a touché de nombreuses personnes, je voudrais parler ici de l’artiste musical qu’il est, car c’est par ce biais je pense, que son univers est le plus complet.

En 2010, le copain féru de musique qui est le mien m’a conseillé d’écouter les musiques du groupe Milk Coffee and Sugar, composé de Gaël Faye et d’Edgar Sekloka. Mais le son de l’époque « Prévu pas prévu » ne m’avait pas assez séduite pour que je m’y intéresse plus en profondeur. Un an plus tard, par hasard, je tombe sur « Ma femme » où l’on retrouve Gaël Faye en solo. C’est le coup de coeur immédiat et je repasse la chanson plusieurs fois d’affilées, augmentant toujours plus le volume de mes enceintes. Très vite, l’album « Pili Pili sur un croissant au beurre » devient mon album fétiche. Je découvre petit à petit chacune des chansons, prenant conscience à chaque nouvelle écoute des métaphores, des rimes ou de la mélodie. Chacune d’entre elles va devenir « ma préférée ». D’abord Ma femme, qui est une déclaration d’amour très XXIème siècle, loin des sérénades habituelles, puis Slowoperation que je considère comme un véritable poème, et IsimbiMétis et toutes les autres

 

gael faye

Toutes ces chansons m’ouvrent les portes d’un univers nouveau.

Tour à tour, je découvre des sonorités africaines. Je suis plongée à Bujumbura ou à Butaré, je connais la Primus sans en avoir gouté une seule fois, je chante en kyniarwanda, j’apprends sur le génocide des tutsis, je me sens concernée par les problèmes de métissages à notre époque et dans notre société. Chaque chanson me fait m’interroger que qui je suis et qui je veux être. Je multiplie les écoutes, dans des bus en Asie, en regardant défiler les paysages, dans des trains, dans l’avion, en concert, le matin, le soir… Jamais je ne m’en lasse, et à chaque écoute, les émotions diffèrent. Un son me donne la niaque un jour, puis humidifie mes yeux quelques temps après avant de me donner la chair de poule.

 

Milk Coffee and Sugar, aliens du rap

 

C’est tout naturellement qu’après des millions d’écoutes, je me suis finalement tournée vers Milk Coffee and Sugar. Cette fois, j’étais prête à apprécier tout l’univers de cet album. Si je la connaissais déjà, ce n’est pas vers Prévu pas prévu que je me suis penchée, mais sur Alien. Dès la première écoute, je me suis sentie particulièrement touchée et concernée par cette chanson. Introduite par Pierre Bourdieu, le texte remet en question les valeurs de notre société.

Faut-il, pour s’accomplir, faire ce qui rapporte le plus d’argent, et va parfois à l’encontre de nos valeurs ? Faut-il rentrer dans le moule ? La force de l’être humain n’est elle pas la différence et l’essence du mot n’est-elle pas l’Humanité ? Faut-il la remettre en cause pour le profit ? Faut-il s’abandonner au système et ne rien attendre en retour ?

Je me suis posée, lors de mon expatriation à l’autre bout du monde, toutes ces questions. Mais s’il y en a une qui subsiste, c’est bien celle ci :  Affirmer sa différence, n’est-ce pas s’exclure ?

Je n’ai toujours pas réussi à y répondre, mais j’ai tout de même pris le parti de m’affirmer, à travers des goûts et un mode de vie que beaucoup ont du mal à accepter.

J’ai changé radicalement ma façon de consommer, d’abord en ce qui concerne la nourriture, puis petit à petit de manière plus globale. J’ai simplement réalisé que la fête, l’alcool et les burgers, se rapprochait plus de ce qu’il fallait faire que de ce que j’aimais faire.

Vous pensez peut-être que je m’égare en parlant de tout ça ici, mais l’affirmation a aussi permis la création de ce blog (a catégorie « visas à vie » de ce blog se réfère d’ailleurs à cette chanson). Tout ça donc, si l’on remonte dans le temps, grâce à la musique de Gaël Faye, qui indirectement, à changé ma vision des choses.

 

 

 

milk coffee and sugar

Virevolteur de mots pleins d’amertumes

 De rappeur à écrivain…

Aujourd’hui, Gaël Faye est mis en lumière auprès du grand public pour son livre Petit Pays*. Mais s’il me tenait à coeur de le présenter sur mon blog, c’est surtout pour vous faire découvrir son visage de rappeur/slammeur. Car c’est lorsqu’il est accompagné de musique que je le trouve le plus brillant.

Vous l’aurez compris, je vous invite vivement à prendre quelques minutes pour lire et écouter le poète qu’il est. Si son univers vous plait et que vous voulez approfondir, essayez : le talentueux Edgar Sekloka, Bonga, Cesaria Evoria, Oxmo Puccino, Hippocampe fou, Leroy 

Pour conclure, je dirais que si je croisais Gaël Faye aujourd’hui, je n’aurais qu’une chose à lui dire : Merci. Merci de permettre aux gens de se poser des questions, et de tenter d’en trouver les réponses.

 

Lire et écouter

Pili Pili sur un croissant au beurre Ι Milk Coffee and Sugar Ι Petit Pays

 

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*Petit Pays à récemment remporté le Goncourt des Lycéens, le Goncourt / Choix de l’Orient, Le prix Fnac et le Prix du Premier Roman.

La photo qui illustre cet l’article a été prise par Chris Schwagga

 

 

 

 

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